La dysplasie et l'environnement
Description de l'article de blog :
Nounch
12/19/20253 min read
Les tests de dysplasie des hanches : indispensables, mais pas miraculeux
La question revient souvent, parfois avec insistance : est-il vraiment important de faire les tests de dysplasie des hanches chez les chiens reproducteurs ? La réponse la plus simple serait « oui ». Et dans l’absolu, c’est vrai : les tests de santé sont essentiels et font partie intégrante d’un travail d’élevage sérieux et responsable. Pourtant, concernant la dysplasie des hanches, la réalité est bien plus complexe qu’un simple résultat écrit sur un papier.
La dysplasie coxo-fémorale est une affection multifactorielle. Elle possède une part génétique indéniable, mais aussi — et surtout — une part environnementale importante. C’est précisément là que les choses se compliquent. Aujourd’hui encore, même les plus grands spécialistes peinent à déterminer avec précision la frontière entre ce qui relève de l’hérédité et ce qui relève de l’environnement. C’est la raison pour laquelle deux reproducteurs parfaitement indemnes, classés A/A, peuvent malgré tout donner naissance à un chiot qui développera une dysplasie. À l’inverse, un chien issu de lignées moins bien notées peut parfois ne jamais présenter le moindre signe clinique.
Faire tester ses reproducteurs reste donc une démarche logique. Cela permet de réduire les risques, d’écarter les sujets les plus atteints et d’avancer dans une logique de sélection raisonnée. Mais il est fondamental de comprendre — et de faire comprendre aux adoptants — que ces tests ne garantissent rien à 100 %, en tout cas pas pour la dysplasie. Nous travaillons avec du vivant, et par définition, rien n’est jamais totalement acquis ou prévisible.
Là où le bât blesse souvent, c’est du côté de l’environnement dans lequel le chiot va grandir. De nombreux adoptants ignorent, par manque d’information ou par banalisation, les gestes essentiels permettant de limiter l’impact environnemental sur les articulations. On se retrouve alors parfois avec un chien dysplasique à un an à peine, alors que ses parents sont sains et correctement testés.
L’un des exemples les plus courants concerne les escaliers. Combien de chiots de trois ou quatre mois montent et descendent seuls des escaliers, parfois plusieurs fois par jour ? Pourtant, ce type d’effort ne devrait pas être imposé avant la fin de la croissance, soit autour de 12 à 15 mois selon les races. Les escaliers sollicitent fortement les hanches, les coudes et la colonne vertébrale, à un âge où les structures osseuses et ligamentaires sont encore immatures.
Bien sûr, la vie moderne n’est pas toujours simple. Tout le monde ne vit pas en maison de plain-pied avec jardin. Mais dans ce cas, des solutions existent : porter le chiot, utiliser un ascenseur quand c’est possible, aménager l’environnement, ou encore réfléchir en amont à l’adéquation entre son mode de vie et l’accueil d’un chiot. Parfois, il peut être plus raisonnable d’attendre d’être dans de meilleures conditions environnementales avant d’adopter un jeune chien.
Et oui, les critiques arrivent vite. « Vous êtes bien contents qu’on vous achète vos chiens », ou encore « Si les gens en appartement ne devaient pas avoir de chien, plus personne n’en aurait ». Ce n’est pourtant pas le propos. Il ne s’agit pas d’interdire ni de juger, mais de responsabiliser. Lorsqu’un chien développe une dysplasie, il est facile — et humain — de chercher un responsable. Trop souvent, l’éleveur devient le coupable idéal, sans que l’on prenne en compte tout ce qui s’est passé après le départ du chiot.
Il est important de poser un cadre clair : non, un chien dysplasique n’est pas forcément la faute de l’éleveur. Et non, les tests, ne suffisent pas à eux seuls. Dans certains cas, adopter un chien adulte, dont l’ossature est déjà formée, peut être une option plus adaptée à un environnement contraignant et réduire les risques liés à la croissance.
Limiter l’impact de la dysplasie ne pourra se faire qu’à une condition : travailler ensemble. Éleveurs, adoptants, vétérinaires, chacun a un rôle à jouer. La prévention ne s’arrête pas au choix des reproducteurs, elle commence là… et se poursuit bien au-delà, dans la vie quotidienne du chien.


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